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Commentaires autour de Démocrite et des Abdéritains de La Fontaine

Dans cette fable, La Fontaine s’en prend à la bêtise populaire. Les concitoyens du célèbre philosophe Démocrite voulurent le faire passer pour fou. Il invitèrent à cette fin à l’examiner un personnage non moins célèbre, le médecin Hippocrate.
Nous pouvons retrouver lesLettres d’Hippocrate sur la prétendue folie de Démocrite, traduites du grec pour la première fois. Paris, Le Breton et Chaubert, 1730; et Conférence et entrevue d’Hippocrate et de Démocrite tirée du grec et commentée par Marcellin Bompart. [S.l.], [s.n], 1632, 96-88 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
Pour cette fable, La Fontaine a puisé son inspiration dans une série de vingt-trois « Lettres » (Littré a démontré qu’elles sont apocryphes) du philosophe grec Démocrite (Abdère vers 460 – vers 370 av. J.-C.) et du médecin Hippocrate (Île de Cos vers 460 – Larissa, Thessalie, vers 377 av. J.-C.). Dans une de ces lettres, les notables de la ville d’Abdère – cité réputée depuis toujours pour la stupidité de ses habitants – écrivent à l’ auteur du « Serment » pour lui demander de venir soigner le vieux philosophe qu’ils tiennent pour fou.
Démocrite fut le maître du philosophe grec Épicure (Samos ou Athènes 341 – Athènes 270 av. J.-C.) fondateur de l’école le Jardin et surtout de la théorie de l’Épicurisme.
La légende raconte que Démocrite ne cessait, en regardant les hommes, de rire de manière incontinente et incoercible. Toutes choses, graves et légères, le faisaient rire aux éclats. « Toute rencontre avec les hommes fournissait à Démocrite matière à rire » disait Juvénal à son sujet. C’est cette hilarité qui inquiéta ses concitoyens les Abdéritains qui firent alors venir Hippocrate pour soigner le philosophe  devenu fou selon eux. A cet effet, le Sénat et le peuple d’Abdère envoyèrent des lettres à Hippocrate pour l’inviter à examiner et soigner Démocrite. Par chance, ces lettres nous sont restées. Spécialement venu de son île de Cos, Hippocrate trouva Démocrite à l’ombre d’un platane dans le jardin de sa maison, justement occupé à écrire un traité sur la folie.
Au cours d’un entretien, il expliqua à Hippocrate : « Tu attribues deux causes à mon rire, les biens et les maux ; mais je ris d’un unique objet, l’homme plein de déraison, vide d’oeuvres droites, puéril en tous ses projets, souffrant sans nul bénéfice des épreuves sans fin, poussé par ses désirs immodérés à s’aventurer jusqu’aux limites de la terre… ». Après cela, Hippocrate décréta que Démocrite était l’homme le plus sain d’esprit et le plus sensé qui soit comme le dit Hippocrate dans sa lettre racontant ses entretiens avec Démocrite.

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