Comportements, Coups de gueule

Noël, une gabegie commerciale.

5111324313372Je viens d’essayer de faire des courses en ville ce samedi 20 décembre, autant dire que j’ai dû me lancer un défi car il était  quasiment impossible d’avancer sur les trottoirs envahis de poussettes, de gens de tout âge, mais plus l’âge était avancé et plus ils obstruaient l’espace (Qu’est-ce qu’ils t’ont fait les vieux ? comme disait ma bonne tante). Qu’ étais-je venue faire dans cette galère (comme disait Molière et en plus ça rime) ? J’ai voulu entrer aux Galeries Lafayette, ce devait être la plus mauvaise idée du jour. Envisageant cette marée humaine que je dominais heureusement de ma haute taille, un avantage évident pour voir de loin et pour respirer, j’ai renoncé et amorcé un demi-tour râleur. En fait je me posais des  questions. Qu’est-ce je fais là ? Ai-je vraiment besoin de ce que je voulais acheter ? A toutes ces questions j’ai répondu : non, et je suis rentrée à la maison.

Et on entend partout que la crise sévit, que les gens tirent le diable par la queue, que la vie est de plus en plus difficile…Moi, j’ai croisé des centaines de pauvres qui ne pensaient qu’à dépenser en cette fin de mois de décembre. Pourquoi ? Là est la vraie question, et quoi ? Questions auxquelles je réponds que Noël est vraiment devenu la fête du commerce. La société a fait un sacré bout de chemin depuis l’orange et la bougie qui l’accompagnait, avec au mieux le livre de la collection Rouge et Or. Les enfants ont tellement de cadeaux aujourd’hui qu’ils sont totalement blasés et possèdent assez d’objets pour ouvrir un magasin. En général ils jouent quelques heures avec ces nouveautés qui dès le lendemain sont remisées au placard avec raison car sans grand intérêt. Quand aux adultes ils se sentent obligés d’acheter des objets qui ne plaisent qu’à eux dans le meilleur des cas, présents qui seront remis en vente par leurs destinataires sur Internet le lendemain de Noël. Ils auront juste acquis le temps de quelques jours de quoi développer la croissance chinoise, enrichir ce pays qui nous pique nos aéroports, nos hôtels de luxe pour favoriser les   échanges avec une population qui viendra dépenser potentiellement ses sous dans nos boutiques pour touristes. Ils sont capables de racheter les cochonneries fabriquées chez eux, des Tour Eiffel en plastique ou des Sacré Cœur dans la neige. Où est passé le temps où nous allions en rang serré à cause du froid qui nous piquait le visage à la messe de minuit dans le noir du chemin de campagne et où nous attendions de nous éveiller le jour de Noël pour déballer un ou deux cadeaux d’autant plus appréciés qu’ils étaient rares ? Je ne sais pas si j’ai pris un coup de vieux, certainement, mais tout ça me  sort par les yeux, j’ai des trous à l’âme et envie de fuir, mais où ? La frénésie est contagieuse. Peut-être chez les Inuits ou les Pygmées.

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