origine des us et coutumes, Questions de société

Les plus vieux petits métiers du monde

Tout le monde connaît le plus vieux métier du monde qui perdure encore et agite beaucoup les milieux politiques sans cesse en train de changer les lois qui le régissent, mais certains ignorent peut-être qu’il y a à peine un siècle ou même un demi siècle, des petits métiers étranges existaient encore.

Carte-postale-ancienne-369-LES-PETITS-METIERS-DE-PARIS-Ramasseur-de-megotsLe ramasseur de mégots est assez banal, en période de crise on le revoit dans la rue, mais c’est pour sa consommation personnelle, ce n’est plus un métier. Jusqu’en 1951, c’en était un. Il fallait certaines dispositions physiques comme la souplesse de l’échine, mais dans le cas contraire l’homme se munissait d’un crochet au bout d’un bâton pour ramasser les précieux bouts de cigarettes et les enfouir dans sa musette. Sa collecte terminée il les vendait à un spécialiste du tri qui les rassemblait en les classant en fonction d’un critère de qualité et les mettait à sécher. Ce tabac une fois traité était revendu aux fumeurs, ou encore utilisé en infusion par les horticulteurs pour traiter leurs plantes contre les insectes.

La marchande d’ouilles faisait des kilomètres à pied avec un plateau d’un mètre de long sur 60 centimètres de large sur la tête comme ses consœurs africaines. Sur ce plateau, pas de régime de bananes mais des petits pots remplis d’ouilles, c’est-à-dire de petits fromages blancs au lait de brebis vendus 4 sous l’unité, qu’il ne fallait surtout pas secouer sous peine de les voir s’abîmer, ce qui se serait immanquablement produit en les transportant en charrette à cheval.

Le marchand de joncs, quant à lui, s’approvisionnait directement à la source si je puis dire, dans les lieux humides, au bord des cours d’eau ou des étangs. Aujourd’hui les joncs peuvent encore mais rarement se trouver chez certains fleuristes qui vendent des fleurs séchées pour la décoration, mais il y a cinquante ans à peine on les tressait encore pour réaliser des paniers et des claies et toutes sortes d’objets utilitaires. Le marchand sillonnait les rues en hurlant son slogan publicitaire : Battez vos femmes, brossez vos habits pour un sou, un sou mon beau jonc, mon solide jonc… Aujourd’hui il devrait changer de disque sous peine d’avoir les associations féministes à ses basques.

Le marchand de peaux de lapin, pas si éloigné dans le temps, dans les années cinquante et même soixante passait dans les campagnes pour récupérer les peaux qu’il entassait sur le porte-bagages de sa bicyclette. On entendait sa litanie de loin Peaux… peaux… peaux d’lapins… et les femmes se pressaient d’aller chercher les précieuses peaux rangées dans les celliers, accumulées au fur et à mesure des abattages domestiques de lapins, et séchées retournées et tendues sur des baguettes de noisetier. Les peaux les plus chères étaient les peaux blanches, celles des lapins aux yeux rouges de lapins russes. Ces peaux étaient grattées pour la fabrication de la colle et la fourrure était vendue pour réaliser des manteaux.

J’ai gardé, comme il se doit, le meilleur pour la fin, vous verrez plus tard le lien avec les lapins. Il s’agit, c’est cruel, les enfants et les personnes sensibles feraient mieux de ne pas lire cette partie de l’article, il s’agit dis-je, du capteur de chats. En 1845, ce métier était encore pratiqué. Ils parcouraient les rues les moins fréquentées par les humains et davantage par les chats qui s’y réfugiaient, à deux, avec un sac sur le dos comme les chiffonniers et leur donnaient à manger pour les apprivoiser gentiment mais sans trop dépenser, des débris ramassés dans les poubelles avoisinantes.  Ils s’approchaient d’eux subrepticement, leur flanquaient un coup mortel de trique sur la tête et les enfouissaient aussitôt dans leur grand sac. Qu’en faisaient-ils alors ? Eh bien, ils fournissaient ni plus ni moins les restaurants spécialisés dans la gibelotte de lapin, sans compter que les peaux étaient utilisées aussi pour leur fourrure. Les prix variaient selon la taille de l’animal de 12 à 14 sous. Nos anciens n’étaient pas des tendres, mais il faut préciser que les capteurs de chats se recrutaient parmi des individus sans foi ni loi, gens de sacs et de corde !

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Discussion

3 réflexions sur “Les plus vieux petits métiers du monde

  1. Il y avait – et cela existe encore – les remueurs de bouteilles de champagne , les caresseurs de fromages dans les fruitières, …. les avaleurs de sabres – attention aux DLUO! – les ghaloufas, ramasseurs de chiens en Algérie, et tant d’autres auxquels je n’arrive pas à penser immédiatment : merci Lise !!!

    Publié par Maldamé Régis | 5 octobre 2013, 15 h 00 min
    • Je pense que l’on tourne toujours les bouteilles de champagne d’un quart de tour, mais cette opération doit être effectuée par des employés des maisons de champagne, idem pour les caresses dispensées aux fromages. C’est certainement un sujet inépuisable car il fallait subvenir à ses besoins sans les aides accordées aujourd’hui.

      Publié par lisenanteuil | 6 octobre 2013, 9 h 42 min
  2. Les cigarettes faites à partir de mégots ramassés s’appelaient les P4, il me semble. J’en ai fumé, absolument infect.

    Publié par behemothe | 5 octobre 2013, 16 h 20 min

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