Séries télévisées

Séries policières anglaises : so british

De l’autre côté de la Manche, les séries policières abondent également, mais j’ai opéré un choix en fonction de celles qui m’ont le plus séduite et qui me semblaient constituer un ensemble totalement à l’opposé des séries françaises contemporaines. L’ordre chronologique dans laquelle elles apparaissent en Angleterre ne correspond pas toujours à celle de leur diffusion sur les chaînes françaises.

PAmorse3La plus ancienne est Inspector Morse, d’après les romans de Colin Dexter et dont les 33 épisodes ont été proposés entre 87 et 2000 et dont le principal interprète John Thaw est brutalement décédé mettant fin à la diffusion. La ville d’Oxford servait de cadre aux enquêtes de ce policier tout à fait atypique, surtout par opposition à ses homologues français. Cet intellectuel, bel homme à la chevelure argentée, mélomane, amateur de littérature, en particulier de poésie, célibataire hédoniste, pilotait une magnifique Jaguar rouge et écoutait en solitaire du Wagner dans son salon en dégustant des bières fraîches. Il était assisté dans ses enquêtes du jeune Lewis, diamétralement opposé à lui puisque marié, père de deux enfants, sportif et manuel, dont il ridiculisait à tout moment l’inculture ou l’incompétence, et qui demeurait cependant d’une fidélité canine. Aujourd’hui l’Inspecteur Lewis a pris la relève, de retour à Oxford après un exil de deux ans aux Îles Vierges et c’est son adjoint l’inspecteur Hathaway qui est brillamment diplômé et cultivé. La complémentarité du duo est reconstituée et leurs enquêtes ont toujours pour cadre la ville d’Oxford et le milieu universitaire.

herculepoirotHercule Poirot ou Agatha Christie’s Poirot est aussi une sorte d’aristocrate de la police, incarné par David Suchet jusqu’en 2013 qui a remporté plusieurs fois un British Academy TV Award pour sa performance d’acteur dans les années 90 dans une série qui a elle-même obtenu cette distinction à plusieurs reprises. Le personnage tiré à quatre épingles, à la moustache lissée et effilée habite un bâtiment Art Déco, et se restaure une serviette amidonnée autour du cou dans de la vaisselle raffinée avec des couverts d’argent. Chez lui tout est ordre, méthode, perspicacité et vanité. Il porte un gilet de soie et des guêtres blanches, et s’appuie avec élégance sur une canne au pommeau sculpté. Ses « petites cellules grises » l’amènent à la fin de presque chaque épisode à réunir tous les protagonistes sujets à quelques sueurs froides dans un salon afin de leur livrer le nom du coupable. Sa silhouette rebondie inspire confiance à ses clients potentiels qui habitent des châteaux, fréquentent des hôtels luxueux et voyagent dans l’Orient Express pour le moins, dans lesquels il leur arrive de perdre la vie.

imagesDu même auteur, le personnage de Miss Marple, « armchair detective », vieille fille curieuse, fûtée et caustique qui sait tout,  démontre au cours de ses pérégrinations que la nature humaine est la même partout où l’on fouille un tant soit peu. La série créée en 84 pour la BBC avec Joan Hickson a offert douze épisodes avant de changer d’interprète, Geraldine McEvan, puis Julia McKenzie. L’héroïne évolue dans un village imaginaire de la campagne anglaise Saint MaryMead.

Suspect-N-1-la-serie-anglaise-adaptee-par-NBC2_image_article_paysage_newUn autre personnage féminin dans Prime Suspect (en français Suspect n°1), créé par Lynda La Plante et Guy Andrews et diffusé de 91 à 2006 : l’inspecteur principal Jane Tennisson magistralement interprété par la grande actrice Helen Mirren. C’était là l’occasion de mettre en scène les difficultés de l’héroïne pour s’imposer dans un milieu masculin qui ne lui accordait pas sa confiance. Au fur et à mesure des épisodes intitulés Howard Affair, The lost Child, Scent of Darkness, The last Witness ou The final Act, Jane Tennison dirigeait son équipe avec autorité et diplomatie.

url6Jack Frost, alias Inspector Frost, joué par le malicieux David Jason dans une série adaptée des romans de R.D Wingfield, était un personnage atypique lui aussi dans un autre style. De 92 à 2010, dans 42 épisodes, il exerçait ses talents avec un humour british décapant, en marginal de la police, quinquagénaire veuf et légèrement négligé dans sa tenue vestimentaire, portant toujours un petit chapeau à la Michael Jackson mais en tissu écossais assez ordinaire, et un imper mastic fripé comme celui de son homologue américain Colombo. Au mur de son bureau un tableau représentait un poisson du même nom que le superintendant Mullet souvent ridiculisé par Frost qu’il passait son temps à convoquer et qui se défilait en catimini pour effectuer son travail d’enquêteur mené à l’ancienne en franc tireur avec des indics et sans rendre de comptes jusqu’au dénouement.

inspecteur-barnaby-3965325dswko_1731Enfin l’inspecteur principal Tom Barnaby dans Midsomer Murders tentait avec son adjoint l’inspecteur Gavin Troy, puis Ben Jones, de traquer les assassins potentiels qui pullulent dans ce charmant bocage anglais totalement fictionnel, le comté de Causton. Depuis 97 John Nettles incarnait Tom Barnaby, auquel a succédé depuis la quatorzième saison son cousin John Barnaby interprété par Neil Dudgeon. Dans les premières saisons on pouvait apprécier avec quelle perspicacité l’inspecteur menait ses enquêtes, ainsi que la difficulté à mener de front une vie privée et le métier de policier. Tom Barnaby, sollicité par des appels téléphoniques fréquents finissait rarement un plat servi par son épouse Joy ou commandé au restaurant en compagnie des siens. Professionnel serein en toute circonstance, homme à la carrure rassurante et à la démarche un peu balancée. En toile de fond on participait à la vie de ces adorables petits villages au charme presque suranné, dans des maisons coquettes comme des maisons de poupée habitées par des personnes auxquelles on donnerait le bon dieu sans confession. Des fêtes nombreuses rythmaient le calendrier au cours desquelles les occasions ne manquaient pas d’assassiner d’éminents représentants de la population locale. Les titres des épisodes en disaient long : Death’s shadow, Strangler’s wood, Beyond the grave, ou Garden of death. Aujourd’hui John Barnaby a un style différent bien qu’il évolue au sein du même décor champêtre. Marié à un professeur, sans enfant, il est le maître d’un Jack Russel impayable à qui il ne manque que la parole.

Toutes ces séries anglaises ont en commun un certain esprit de finesse, beaucoup d’humour, l’hémoglobine ne coule pas à flots, les policiers n’échangent pas de grossièretés, il y a forcément de la violence dans les événements mais  aucune insistance ni lourdeur. Le genre policier est, sans conteste, britannique.

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