Légendes

Bataille de légendes autour du café

Cerise-caféLe café est, semble t-il, connu depuis la Préhistoire en Éthiopie, mais sa présence n’est attestée au Yémen qu’au sixième siècle au port de Moka où il a été transféré par la Mer rouge. Plusieurs légendes concurrentes voient le jour vers le huitième siècle, qui expliquent l’origine du café et en attribuent le mérite à leurs civilisations respectives.

KaldiLa légende la plus connue, relayée par un des contes des Mille et une nuits, rapporte qu’un chevrier yéménite (ou un chamelier selon les variantes) a retrouvé ses bêtes passablement excitées quelque temps après avoir brouté les feuilles et les baies rouges d’un arbuste sur les hauts plateaux du Djebel Sabor, dans la province de Kaffa. Les moines voisins auxquels il fait aussitôt part de sa découverte goûtent à leur tour une décoction de ces fruits et constatent qu’elle leur permet de prolonger plus longtemps leurs prières sans risquer de piquer du nez. Dès lors ils stockent les petites cerises qu’ils font sécher et découvrent par hasard, on dirait aujourd’hui par sérendipité, qu’en les grillant elles dégagent un parfum délicieux. Peu à peu une technique s’élabore, les cerises sont non seulement séchées et torréfiées mais aussi réduites en poudre avant d’être utilisées en infusion.

Une autre légende raconte qu’un jeune homme nommé Omar se trouve expulsé par le calife de la ville de Moka au Yémen pour avoir osé tomber amoureux de sa fille. Errant dans le désert où il a trouvé refuge, il aperçoit un merveilleux oiseau perché sur un arbuste qui s’envole à son approche. Omar goûte une boisson préparée avec les fruits de cet arbuste (entre temps bien sûr il a trouvé de l’eau dans le désert) et se sent revigoré. Il rencontre un pèlerin qui se rend à Moka, avec lequel il partage sa découverte, et ce dernier, aussitôt arrivé dans la ville, célèbre les louanges du jeune homme ingénieux que la population va ramener derechef et porter en triomphe. On imagine fort bien que sa nouvelle réputation l’autorise enfin à courtiser sa dulcinée.

Une autre légende, chrétienne cette fois, encore moins réaliste que les précédentes, met en scène un ermite d’Abyssinie, ancienne Éthiopie, très vieux et très pieux, tellement occupé à prier, jeûner, et faire pénitence qu’il finit par sombrer épuisé dans un profond sommeil. À son réveil il constate avec stupeur que le bâton sur lequel il était appuyé, a pris racine et que des feuilles et des fruits rouges ont eu le temps d’y pousser. Il s’agit bien entendu du premier caféier de la création.

Enfin dans une petite dernière, musulmane cette fois, le café doit être attribué directement à Allah qui en a révélé l’existence à Mahomet, comme il se doit puisqu’il est son prophète. Mahomet est pratiquement à l’article de la mort lorsque l’archange Gabriel lui offre un breuvage, le qahwa, c’est-à-dire revigorant, aussi noir que la Kaaba de la Mecque, aussitôt il retrouve sa vigueur et déclare vouloir désarçonner quarante hommes et rendre heureuses quarante dames.

Ainsi l’origine géographique du café est cautionnée par ces légendes orientales. L’Éthiopie, ancienne Abyssinie, et le Yémen sont dans la même région du globe, de part et d’autre de la mer Rouge, sans conteste le berceau du café, et produisent encore aujourd’hui les meilleurs cafés du monde.

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