origine des us et coutumes, Questions de société

Itinéraire d’un sujet de bac : du ministère à la table d’examen

big_4337_1366189894La session de juin 2012 n’était pas encore passée que déjà le ministère de l’Éducation se préoccupait  des sujets de 2013, il prend de l’avance et c’est indispensable quand on envisage rétrospectivement le chemin que doivent parcourir les sujets des différentes épreuves écrites.

Ministère de l'éducation nationale Paris

Ministère de l’éducation nationale Paris

Donc, en mai, le ministère décide qui va élaborer quoi et où ce quoi sera expédié, en Métropole, dans les DOM-TOM, ou à l’étranger. Il faut prévoir des sujets principaux et ceux de secours (en cas de problème de fuite par exemple) pour les sessions normales et celles de rattrapage. Dès juin, les différentes académies mettent en place des commissions ad hoc dans la discipline choisie et les inspecteurs désignent les heureux élus qui les composeront (souvent toujours les mêmes d’une année sur l’autre, ceux sur qui ils savent pouvoir compter, ceux qui n’osent pas dire non ou qui croient être choisis pour leurs qualités foncières) qui devront plancher gracieusement, j’insiste, sans rémunération dédiée, sur l’élaboration des sujets en question. Les professeurs concernés sont à ce moment précis en train de gérer la session de juin en cours et partent en congés en sachant qu’ils devront préparer des devoirs et des questions assortis d’un barème dès la rentrée de septembre. Le métier de prof accélère le vieillissement, car on est toujours dans l’anticipation, c’est encore pire que dans le prêt à porter.

De septembre à décembre, entre la rentrée, les cours à préparer et à dispenser, et les conseils de classe trimestriels, chaque équipe travaille de concert pour pondre les fameux sujets, sous le contrôle des inspecteurs coordonateurs entre commissions d’une même discipline ; les termes sont pesés, formulés et reformulés jusqu’à atteindre la plus grande clarté, du moins pour la compréhension d’un élève lambda, les points attribués distribués et recomptés. Il va sans dire qu’ils sont tenus au secret le plus absolu vis à vis de leur entourage afin de limiter les fuites au maximum. Le produit est fabriqué, il faut maintenant le tester.

De décembre à janvier, chaque sujet est soumis à un ou deux professeurs qui ne font pas partie de la commission, toujours tenus au secret, et qui doivent en principe réussir à faire le devoir en moins de temps que les futurs candidats. Après quoi ils rendent compte par écrit de leurs impressions et des modifications qu’il serait judicieux d’apporter.

En janvier et février, les modifications éventuelles sont opérées, les présidents des différentes commissions remettent chacun un dossier au recteur contenant un sujet définitif et les rapports des testeurs, un rapport sur la conformité des sujets avec les textes officiels et une proposition d’affectation géographique pour les dits sujets.

En mars le recteur fait son choix définitif en ce qui concerne les sujets et leur affectation.

D’avril à mai, chaque académie responsable de la préparation d’un sujet l’envoie sous la forme la plus sécurisée possible, en général fragmentée et numérisée, aux autres académies. Après réception, une partie est transcrite en braille pour les candidats mal ou non voyants, enfin le tout est imprimé, mis sous enveloppe cachetée, empilé dans des cartons et stocké dans des locaux les plus sécurisés possible.

51d92bde-c1fc-11e2-bac3-c29781de5a1e-493x328Une petite semaine avant les épreuves les cartons sont répartis dans les centres d’examen, sous la responsabilité du chef de centre, en général le proviseur de l’établissement, qui se doit de les stocker dans un endroit protégé, avant de les faire acheminer dans un secrétariat avec le matériel de surveillance, et de là dans chaque salle d’examen le jour J pour chaque épreuve. Quelques bugs se produisent parfois, un nombre insuffisant de sujets pour une salle par exemple, les surveillants courent alors dans les salles voisines en quête d’un excédent à récupérer, ou courent vers la photocopieuse la plus proche pour dupliquer le nombre d’exemplaires nécessaire. Si une coquille est repérée ou une erreur décelée au moment de la lecture du sujet par les professeurs surveillants, le chef de centre en réfère aussitôt au rectorat et attend la décision prise en haut lieu. Quand chaque candidat penché sur ses feuillets semble enfin abîmé dans une profonde réflexion, toute la fonction publique soulagée respire et se détend.

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