Légendes, origine des us et coutumes

Siduri, déesse du vin à Babylone il y a trois mille ans

verre-de-vin-et-traces-de-repasOn peut juger de la place des femmes dans la société au rapport qu’elles ont, ou qu’on leur laisse avoir avec le vin. Dans la Bible, plus précisément dans le Livre des Juges au chapitre 13 il est écrit que la femme s’abstiendra, elle ne boira ni vin, ni boisson enivrante. Nous pouvons penser que cet interdit est lié à la fonction reproductrice et cela n’a rien d’absurde, puisqu’il est reconnu aujourd’hui que la consommation d’alcool pendant la grossesse nuit gravement au futur enfant, créant des lésions cérébrales et des malformations diverses, au minimum une débilité physique.  En Grèce ou même à Rome sous la République, seules les prostituées paraissent dans les banquets, et les femmes doivent boire du vin en privé entre elles, elles ne sont de toutes les façons pas considérées comme des citoyennes. Dans notre civilisation occidentale moderne il suffit qu’elles s’abstiennent durant la période de gestation. Beaucoup de femmes jouent un rôle capital dans la connaissance des vins et dans leur élaboration. 530px-British_Museum_Flood_TabletMais revenons à L’Antiquité, plus ancienne encore, à Babylone très exactement, pour découvrir une exception.  En effet, dans la Mésopotamie ancienne, les sommelières sont des femmes et on trouve dans le Livre de Gilgamesh, daté de 2700 av. JC, la trace de Siduri ou Siduré dont le nom signifie celle qui verse à boire qui tient une taverne au bord du rivage et qui reçoit le roi Gilgamesh, roi légendaire, qu’elle veut dissuader de chercher les plaisirs dans l’immortalité réservée aux dieux et qu’elle initie à la dégustation du vin. Ce passage se trouve inscrit en lettres cunéiformes sur la tablette X intitulée L’arrivée au but. A Babylone la reine elle-même en consommait, la société babylonienne était ouverte, les femmes n’étaient pas recluses et pouvaient paraître dans les banquets au côté des hommes. C’est d’autant plus surprenant que ce pays ne produisait pas de vin, mais on le faisait venir des montagnes situées aujourd’hui en Syrie ou au Liban. Dionysos n’est donc pas la seule divinité liée au vin, nectar divin, Siduri le précède dans ce statut, avec quelques différences non négligeables. Chez Dionysos (ou Bachus à Rome) l’ivresse conduit au débridage sexuel, au délire phantasmatique, alors que Siduri incite au plaisir de vivre, à une certaine sagesse, il s’agit davantage d’une consommation raisonnable, telle qu’on la recommande aujourd’hui dans les messages de santé.

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