Légendes, origine des us et coutumes

MAG ou Musée d’Archéologie de Grenoble : de la nécropole à l’église romane

Il faut reconnaître qu’il y a assez peu de vieilles pierres et d’antiquités à visiter à Grenoble. Pas de quartier médiéval comme à Lyon, Tours ou Rouen qui sont de véritables villes-musées à ciel ouvert. La cathédrale Notre-dame est réhabilitée depuis peu avec son très ancien baptistère, l’église Saint-André située sur la place du tribunal, un des rares monuments anciens, témoigne d’une certaine pauvreté, faite de matériaux composites et humbles comme la brique. Grenoble n’était pas aussi riche que sa voisine Chambéry et ça se voit. Mais tout le monde vous dira qu’à Grenoble tout est très beau, car la ville est nichée dans un écrin de montagnes majestueuses, la chaîne de Belledonne en particulier. Grenoble se visite surtout le nez en l’air, au risque de  ramasser sous ses semelles les crottes des chiens que les maîtres peu scrupuleux ont laissées derrière eux sans état d’âme et en toute impunité.

DSC04447Depuis mai 2011 le musée d’archéologie, alias la crypte Saint-laurent, fermé depuis 2003 pour mise en sécurité et pour aménagements, est réouvert au public et il faut reconnaître que c’est un succès. Les travaux ont dégagé des éléments d’un très grand intérêt scientifique et historique et les nouvelles technologies ont permis des prouesses en matière de communication. Les groupes scolaires, les familles, profitent au maximum des projections, des animations ludiques qui mettent le monument en situation : questionnaires, jeux de piste et bornes interactives. Car il s’agit bien d’un monument et parmi les plus anciens, qui nous fait revivre 2.000 ans de notre histoire.

Au premier siècle, à l’époque où Grenoble est encore Cularo, étymologiquement un cul-de-sac, au carrefour de trois vallées, le site devient peu à peu une nécropole suburbaine, installée sur une petite hauteur de manière à échapper aux crues de l’Isère. Des sarcophages, des tombes de terre cuite, des cercueils de bois, en témoignent et tous les objets familiers des défunts, déposés pour les accompagner dans leur voyage vers l’au-delà : bijoux, dés minuscules en os par exemple. Au 4ème siècle sous l’empereur Gratien, la bourgade devient Gratianopolis, et la nécropole grandit avec elle. Des traces de charbon, de cendres, des reliefs de nourriture, prouvent que des repas étaient célébrés au cours des inhumations afin d’honorer les morts. On a retrouvé huit mausolées édifiés par les familles gallo-romaines les plus fortunées ainsi que des tombes plus humbles. La fin du 4ème siècle marque le début de l’histoire chrétienne à Grenoble, la nécropole devient un grand mausolée qui accueille les dépouilles des figures religieuses locales les plus importantes. Peu à peu la première église funéraire cruciforme du 6ème siècle avec sa crypte Saint-Oyand s’étend, sous les Carolingiens en particulier, englobant l’existant, et devient un prieuré. En 1012 l’évêque Humbert d’Albon cède l’église aux moines bénédictins, en 1150 un cloître est construit et l’église une fois encore modifiée. Au milieu du 12ème siècle l’édifice adopte le style roman, nous pouvons admirer la porte dont la voûte aux peintures polychromes révèle le visage de Saint-Pierre reconnaissable à l’énorme clé qui l’accompagne, faisant face à l’archange Saint-Michel, et la main de Dieu qui les bénit.DSC04443

A la Renaissance le prieuré devient un bénéfice, puis le service monastique est supprimé et le prieuré tombe dans l’oubli, pour être enfin remarqué au 19ème siècle par Jacques-Joseph Champollion, le frère de l’égyptologue, qui le consigne dans un article, et par Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, qui considère que des travaux de réhabilitation devront être entrepris, à condition des respecter scrupuleusement les matériaux d’époque. L’église est alors dotée de deux annexes latérales, des vitraux sont réalisés dont l’un montre Saint Laurent présentant les pauvres en guise de trésor à l’empereur Valérien qui réclamait l’argent de l’Église. Un tableau d’Auguste Marquiand de 1850 dans la chapelle Manguin représente le martyre de Saint Laurent, brûlé vif au-dessus de son grill.StLaurent_gril

1500 sépultures ont été mise au jour et permettent de voir l’évolution des rites funéraires, 600 monnaies et des objets précieux sont  en partie exposés au public, l’incitant à réfléchir sur son histoire et ses coutumes. On ne peut évidemment pas circuler entre les ruines et les enceintes successives du monument, mais des passerelles métalliques et des promontoires permettent de dominer le site. Par contre la crypte Saint Oyand est accessible au visiteur, elle invite au silence et au recueillement entre les colonnes surmontées de chapiteaux sculptés très bien conservés et mis en valeur par des éclairages indirects.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Découvrez mon dernier livre

Entrer votre adresse e-mail pour suivre ce blog et recevoir une notifcation des nouveaux articles

Mises à jour Twitter

%d blogueurs aiment cette page :