Questions de société

Droit « à » ou « de » l’enfant : de l’importance d’une préposition

can-stock-photo_csp4453025Une partie des homosexuels, réclame un droit à l’enfant, comme tout un chacun ou plutôt comme tout une chacune, c’est-à-dire la possibilité au minimum d’adopter des enfants et de les élever, mais aussi de bénéficier de la procréation assistée et allons encore plus loin de la gestation par autrui. Toutes ces revendications étant justifiées par un seul argument, la sacro-sainte égalité, apanage philosophique de la gauche en France depuis la Révolution française. Nous serions égaux en tout, ou en tout cas le moins inégaux possible. Voilà bien entendu de très belles idées et de bons sentiments, dont on sait pourtant depuis André Gide qu’ils ne font pas la bonne littérature, ni les bons films d’ailleurs et ni la bonne politique. Si nous essayions d’établir l’égalité pour le plus grand nombre, nous coulerions tous ensemble inexorablement, car plus personne ne ferait d’effort, plus personne n’aurait d’ambition, à quoi bon se casser la tête ? pour rester polie. Nous avons vu ce que donnait une telle philosophie politique dans les pays de l’Est de l’Europe, au temps de l’URSS, dans lesquels tous les employés étaient fonctionnaires, pour acheter un bout de viande ou une paire de chaussures, c’était la croix et la bannière et la généralisation du bakchich. Cela ne signifie pas non plus qu’il faut sacrifier le plus grand nombre pour faire le bonheur de quelques uns, mais il faut réfléchir un tout petit peu avant de répondre comme beaucoup de gens de gauche bien pensants à la question posée « Êtes-vous pour le mariage pour tous ? » : « Évidemment ! » avec un air condescendant, comme le dénonçait si bien Fabrice Luchini dans l’émission C à vous.

Ce matin 12 janvier, veille de la fameuse Grande Manifestation, j’entends sur Europe 1 Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman expliquer la différence entre égalité et similitude. En fait, il y a une grande confusion entre ces deux notions. Les homosexuels veulent être comme les autres, c’est à dire semblables, or c’est strictement impossible, deux femmes ne peuvent concevoir d’enfant sans avoir recours à un tiers, encore moins deux hommes. Ce qui entraîne automatiquement une solidarité nationale financière conséquente, car le recours à la procréation assistée a un coût énorme et pas toujours couronné de succès. Il était jusqu’ici réservé aux couples stériles, dans le but de leur permettre de procréer au sein d’un couple hétéro-sexuel, et d’une famille, c’est-à-dire de recréer les conditions prévues par le code civil et rappelées à tous les couples à la mairie contractant mariage civil, qui n’est autre effectivement qu’un contrat passé avec l’état.

Arrivons-en aux problèmes d’éthique, après les problèmes bassement matériels ou légaux. Tout se passe comme si les homosexuels revendiquaient le droit de se procurer un ou plusieurs enfants, de connaître le plaisir de pouponner, de recevoir de l’amour en retour, mais aussi de se confronter aux problèmes d’éducation et de responsabilités diverses. En aucun cas, l’enfant en question ne sera le fruit d’un amour partagé, mais l’enjeu d’une tractation avec des tiers mis à contribution. L’enfant devient un enjeu, un objet, chosifié en quelque sorte, pour l’équilibre affectif d’un couple. On n’imagine même pas les dérives commerciales, résultant de ces adoptions à l’étranger, des transplantations d’êtres humains dans de nouveaux pays et nouvelles cultures. Les enfants adoptés souffrent pour la plupart dans leur adolescence d’avoir été abandonnés ou pire vendus, mais ils savent au moins qu’ils ont un père et une mère biologiques, ce qui les rassure sur un plan psychologique, au moment où ils se construisent difficilement une identité. Les enfants orphelins de père ou de mère, établissent un lien avec le disparu, grâce à la famille environnante ou aux photographies. Ils retrouvent facilement des traits morphologiques ou moraux communs avec cet ascendant. Les enfants issus de dons de gamètes et de spermatozoïdes ont davantage de difficultés car ils ne peuvent mettre de visage derrière des paillettes congelées. Et lorsque l’identité des donneurs ne sera plus secrète, on connaîtra les problèmes engendrés. Lorsque la mère sera défaillante, l’enfant ou la société, reportera sur le père biologique identifié la responsabilité de son éducation et de son entretien. C’est déjà le cas aux États-Unis. Cela entraînera au minimum une diminution du nombre de donneurs.

Je parlerai pour terminer de la confrontation des enfants élevés dans des familles homosexuelles, issus de donneurs ou adoptés, au regard de la société, toujours prompte à critiquer ce qui est hors norme. Les enfants de parents divorcés avaient à subir des regards entendus et des chuchotements il y a une vingtaine d’années à peine, que sera-ce lorsqu’ils prendront conscience de ne pas être comme les autres, avec un père et une mère. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, les enfants désirent être et ont le droit d’être comme les autres. Tous ceux qui sont noirs ou métis dans une classe majoritairement constituée d’enfants blancs le vivent quotidiennement. Moralement, le droit de l’enfant prime sur le droit à l’enfant.

Que fait-on des enfants qui sont déjà dans des familles homo-parentales ou issus de le gestation par autrui et qui n’ont pas de droits comme les autres enfants ? C’est l’argument avancé par les pédo-psychiâtres favorables au mariage pour tous et aux lois attenantes. La société est ni plus ni moins placée devant le fait accompli, des gens se sont mis dans des situations d’illégalité pour faire avancer les choses et viennent réclamer des droits a posteriori. Il faut trouver une solution pour ces enfants qui ne sont pas responsables de l’inconscience des adultes, le législateur doit se pencher sur le problème, sans créer pour autant un appel d’air une incitation à contourner la loi en vigueur dans ce pays.

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