Comportements, La langue française comme révélateur de la société, Troubles obsessionnels de la communication

Petite nomenclature des surnoms amoureux d’origine animale

Oserons-nous parler de zoophilie pour désigner cette tendance très répandue chez les humains à s’appeler de petits noms d’amour tirés de la gent animale ? Le pourcentage d’utilisateurs est très élevé et rares sont ceux ou celles qui n’y ont pas recours. Nous usons et abusons des noms de nos amis les animaux dans l’intimité jusqu’au ridicule quand ces surnoms franchissent le seuil de cette sphère protégée. Tout le monde se souvient des Ma Biche des films de De Funès et plus près de nous dans Scènes de ménage sur M6, Marion et Cédric  se donnent du Poussin à longueur de sketche. Ceci m’amène à m’interroger sur le pourquoi et le comment de ce comportement et j’ai classé en plusieurs catégories les noms d’animaux les plus usités.

La plus répandue est celle des animaux de ferme ou de basse-cour comme canard, lapin (jamais au féminin et pour cause), poule avec ses diminutifs poulette, poussin et son féminin poussinette  bien sûr, biquet(te), agneau (toujours accompagné de son possessif, mon et même de l’adjectif petit) et l’incontournable chat avec ses dérivés chatte, chaton, chatounet(te). Tous ces animaux renvoient à la fidélité, à la stabilité et par là sont rassurants en amour. Renvoient-ils aussi à l’obéissance, à la soumission ? Pas pour le chat en tout cas. Ce qui est frappant c’est que l’animal le plus dévoué qui soit, dont l’amour est le plus fidèle et le plus désintéressé, à savoir le chien, n’est pas mentionné, même dans son état de chiot, aux connotations un peu péjoratives et impossible à  utiliser au féminin, n’est-ce pas ? En ce qui concerne le poussin ou le chaton, il y a de l’instinct maternel là-dessous et l’être aimé est légèrement infantilisé sous la tendresse exprimée.

Une autre catégorie est celle des noms d’oiseaux comme ma colombe, ma tourterelle, mon pigeon ou mon colibri  et mon oiseau des îles (plus exotiques), attribués en fonction du sexe aimé. Les qualités de ces animaux, leur élégance, leur grâce et leur beauté, accompagnées de douceur et sont très valorisantes. Ce sont aussi des animaux plutôt fidèles donc recherchés pour ce caractère, l’amour humain étant en quête perpétuelle de durée voire d’éternité. De même, mon petit rat, ma grenouille (nettement plus employé que mon crapaud), ma coccinelle ou ma petite marmotte réfèrent à la petitesse ou à la douceur.

Une troisième grande catégorie est celle des animaux sauvages, en particulier des félins. Ainsi mon tigre (du Bengale tant qu’à faire), ma tigresse, ma panthère (plutôt noire que rose), mon loup et surtout mon grand loup (des steppes), ont une connotation sensuelle voire sexuelle indubitable, avec évocation de griffures et de morsures amoureuses et expriment un désir de soumission. Ma gazelle, surnom exotique, ne peut s’adresser qu’à une femme typée et racée, ma biche étant une version plus abordable . Quant à Nounours, il renvoie plus à l’enfance et au doudou qu’au dangereux Grizzly des montagnes. Ainsi nous nous projetons dans nos amis à fourrure, à plumes et à poils pour désigner ce que nous avons de plus cher, dans un retour aux sources et à la nature de nos instincts fondamentaux.

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