Communication politique, Troubles obsessionnels de la communication

Léché, lâché et lynché, Hollande ?

C’est Jean-François Kahn qui a inventé cette gradation ternaire et ascendante (figure de style d’insistance bien connue des lycéens qui passent leur bac de français) dans les années 90 pour caractériser la manière dont certains médias traitaient les personnalités, en un mot les brûlaient après les avoir adorées. Deux chanteurs de rap avaient intégré à la même période ces paroles dans le refrain de leur chanson, Trust et Fabe On lèche, on lâche, on lynche, Bienvenue dans le show biz, Fais-moi la bise, Je ferai de toi un chien. Les médias renouent plus que jamais avec cette pratique puisqu’après avoir soutenu François Hollande pendant sa campagne, ils se livrent à un énorme Hollande bashing, autre mot anglais pour désigner le dénigrement. Le Point a dégainé le premier, le 30 août, avec On se réveille ? Le point d’interrogation joue ici un rôle éminent, il ne s’agit en aucun cas d’un constat de quelque frémissement en cette fin de vacances. Les autres magazines ont suivi, Valeurs Actuelles avec Le Grand flou, Marianne avec Hollande secoue-toi, il y a le feu !  relayé par l’Express avec Et si Sarkozy avait eu raison ? et Le Nouvel Observateur lui-même portait l’estocade avec Sont-ils si nuls ? Question qui entrouvre la porte à un démenti on s’en doute, mais qui est tout de même posée. Il faut dire que la situation est grave, le président l’a révélé aux Français il y a peu, la crise est exceptionnelle, et bizarrement le gouvernement se comportait comme la grande muette depuis trois mois, l’activité était au ralenti, les sondages de popularité en chute libre, passés de 55 à 44%, du jamais vu si peu de temps après une élection présidentielle. Les Français seraient-ils si naïfs de croire encore en l’homme providentiel, capable de claquer dans ses doigts pour résoudre une crise économique mondiale ? Bien sûr que non, et ils ont simplement, pour la moitié d’entre eux, choisi la personnalité politique qui accompagnerait en douceur le régime amaigrissant que la société devait s’infliger après la dite élection. Alors quid ?Ils étaient habitués à un président fonceur, entreprenant, ou agité, selon ses détracteurs, et forcément ils ont vu une grosse différence. Les congés payés oui, mais pas pour des hommes politiques qui ont fait des promesses. Le changement c’est maintenant, d’accord mais quand ? Toutes les promesses sont revues sinon abandonnées] les unes après les autres, le prix de l’essence devait être bloqué, le plafond du livret A doublé, les riches imposés à 75 %… En fait 6 centimes de moins par litre à la pompe, le plafond du livret A inchangé, les riches imposés à 67 % etc. La pilule est amère et les seuls qui tirent leur épingle du jeu ce sont les médias justement qui boostent leurs ventes, ce sont bien les seuls à profiter de la crise. Diminuer les dépenses de l’État, tout en donnant toujours un peu plus pour garantir le modèle social, c’est la quadrature du cercle qui se referme sur le président d’un pays qui est comme le disait un journaliste américain, une grande entreprise de bienfaisance dans un désert économique.

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