Représentations

Art de la récup : écologique et créatif

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 L’art de récupérer des objets usagés ou des matériaux est certainement né en Afrique. Là-bas, les enfants qui ne sont pas submergés de jouets fabriqués en Chine ont depuis longtemps pallié ce manque par leurs ingénieuses inventions. Ainsi les garçons se construisent des profils de voitures avec du fil de fer qu’ils dirigent avec un bâton et organisent des courses endiablées. Les filles, quant à elles, cajolent des petits poupons de tissu, il suffit de peu de choses en réalité pour suggérer un bébé, si bien que des artisans ont eu l’idée de créer des marionnettes en costume local pour les touristes, aussi bien au Togo, qu’au Bénin voisin, ou même au Burkina ou au Sénégal. Une petite calebasse représente la tête, il suffit d’insérer deux coquillages, des cauris, pour figurer les yeux, et il n’y a plus qu’à habiller la poupée d’une large robe. On enfile alors le majeur dans la tige de la calebasse et deux autres doigts dans les manches pour animer le personnage, mais on peut aussi le dresser en enfilant la tige sur un support comme une simple bouteille vide (de préférence, si on ne veut pas causer de dégâts liquides en cas de bris de verre). Des artistes béninois ont exposé leurs œuvres il y a une vingtaine d’années à la Maison de la culture de Bourges, des guerriers magnifiques faits de boulons, de roues crantées, de carters et de ferrailles rouillées diverses récupérées sur de vieilles voitures, ce qui a sans doute lancé en Europe la mode de cet art populaire. Avec l’essor de l’écologie, du recyclage des déchets et du tri sélectif, cette tendance n’a pu qu’être confirmée. Aujourd’hui de nombreuses associations, des blogs, des festivals animent les régions, en particulier celle de Rhône-Alpes et cet été encore la ville d’Autrans a mis en vedette le Festival Récup Arts où de nombreux artistes travaillaient devant le public, démontaient, soudaient et assemblaient. J’ai ainsi pu admirer une sculpture de corps féminin réalisé entièrement avec des pièces jaunes de centimes de francs soudées entre elles, hélas perdues pour la collecte de Bernadette Chirac, mais pas pour la création artistique. Une selle de vélo, un ensemble de robinetterie de lavabo, eau chaude, eau froide, du fil de fer, une boule de pétanque, une hélice de bateau, une pioche démanchée, tout est prétexte à inventer ou plutôt à réinventer un monde végétal ou animal. Parvenir à enchanter le public et encourager la créativité souvent perdue avec l’âge, en somme l’aider à retrouver son âme d’enfant, c’est la finalité de ces artistes véritables.

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