Francophonie, Troubles obsessionnels de la communication

Do we speak french at London Olympics ? Shakespeare versus Molière

Courage et persévérance sont la marque de l’OIF (ne pas confondre avec les instances islamiques de France) l’Organisation Internationale de la Francophonie, qui a vu dans les JO de Londres une opportunité de poursuivre son combat contre la mondialisation de l’anglais. Son secrétaire général Abdou Diouf a délégué Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti et anciennement gouverneur du Canada, au poste de Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques et para-olympiques de Londres. Au passage, rappelons que Jean-Pierre Raffarin avait tenu ce rôle aux Jeux de Pékin en 2008. La mission consiste à observer la place de la langue française, promouvoir son usage et veiller au respect des préceptes de la Charte Olympique, à la préséance du français en tant que langue officielle en hommage à son refondateur Pierre de Coubertin. Qu’en a t-il été sur le terrain et que pouvons-nous en dire au dernier jour des festivités ? Il semble que la communication officielle ait bien été faite en français : la signalisation, les consignes de sécurité, l’annonce des compétitions, les cérémonies de remise de médailles, d’ouverture et de clôture ont toujours donné la priorité au français, à tel point que certains britanniques ont critiqué l’annonce préalablement en français de l’arrivée de la reine pendant la cérémonie d’ouverture et plusieurs se sont livrés sur Internet et les réseaux sociaux au french bashing. C’est sans doute la marque du légendaire fair play britannique ou simplement d’une ignorance manifeste des articles de la Charte olympique. Il y a des ignares partout, pas seulement chez nous. Notre belle langue, la langue des Lumières, vecteur des valeurs comme la démocratie, les droits de l’homme, la paix, la solidarité et le respect a même été traitée de langue moribonde (sic). Il faut que notre magnanimité soit grande pour être capables de penser Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils disent. Dans la pratique quotidienne et dans les détails de la communication même officielle, on peut tout de même observer un net déséquilibre au profit de l’anglais. Après l’annonce d’une épreuve en français venaient des développements et des explications en anglais beaucoup plus abondants et même si des stagiaires traducteurs se promenaient dans le public pour aider les spectateurs francophones à comprendre, ces apprentis-truchements ne maîtrisaient pas toujours la langue de Molière, mais plutôt celle de Shakespeare. Les problèmes de traduction sévissaient aussi à l’écrit sur les panneaux d’information, si quelqu’un souhaitait se restaurer, il risquait de commander un sandwhich Turquie et bacon, pour un dinde (turkey)-bacon et l’épreuve de canoë-kayak devenait de la course en ligne. Au quotidien donc l’anglais régnait en maître sur les sites. Et pourtant 72 états francophones étaient représentés aux Jeux sur les 75 qui représentent environ 200 millions de personnes dans le monde. Le français doit donc faire de la résistance.

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