La langue française comme révélateur de la société, Troubles obsessionnels de la communication

Identifiants, mots de passe et codes secrets : gymnastique cérébrale

Rassurons-nous, Alzeimer devra attendre encore un peu. Notre mémoire est entraînée comme jamais à longueur de journée, sollicitée à tout bout de champ. Je pense que le volume du cerveau humain va subir quelques modifications et qu’un encéphalogramme révèlerait des clignotements tout fous dans les zones concernées. Nous jouons en permanence aux chiffres et aux lettres dès que nous posons le pied par terre, pour entrer dans un parking, dans notre immeuble, nous servir de notre carte bleue, consulter notre boîte mail, visiter nos réseaux sociaux, rédiger un avis sur un site de restaurants ou de cinéma et j’en passe. Une petite annonce postée sur un site spécialisé et c’est reparti. Abonnée à la bibliothèque, je veux savoir la date de retour des livres empruntés, je dois taper mon login ou identifiant et mon password ou mot de passe. Pour me rendre dans mon espace auteur sur le site de mon éditeur, c’est pareil. Pour créer un blog, pour essayer d’être référencée, pour lire des articles sur mon journal électronique préféré, idem. Heureusement il existe deux phases dans ces opérations, l’inscription d’abord, qui requiert un minimum d’imagination pour se dégoter un identifiant un peu original, un pseudonyme agréable à l’œil et à l’oreille, au cas où on l’essaierait à l’oral. Plusieurs possibilités s’offrent, comme diminuer son patronyme, Tartempion raccourci en Tartemp, associé au numéro d’un département d’origine ou de naissance, Tartemp17, ou se créer quelque chose du style Mimicouchetard, avec son prénom et une habitude vitale. On peut aussi utiliser son adresse-mail. Ensuite il faut trouver le mot de passe à huit caractères, et il est conseillé pour satisfaire aux exigences de la sécurité, de mixer les lettres majuscules et minuscules, les chiffres et les signes, ce qui donne des résultats assez sybillins comme S56ab&ft+=M. On peut aussi, c’est très malin, emprunter des lettres initiales de chaque mot d’une phrase connue de soi seul ou d’une chanson, exemple jadampeP, c’est-à-dire en clair, J’ai deux amours mon pays et Paris, de la très célèbre et regrettée Joséphine Baker. Heureusement, pour consulter les sites on n’est pas toujours obligé de rappeler ses coordonnées qui peuvent être mises en mémoire. Quand ce n’est pas le cas, on doit se livrer à un véritable gymnastique cérébrale, sauf si on a choisi les mêmes identifiants partout, mais ce n’est pas recommandé, le hacker qui a réussi à les décrypter peut aller partout chez vous et sur les comptes bancaires ça peut faire des dégâts. Et par malheur, il peut arriver que l’on oublie ses références, mais il existe un joker pour les retrouver, la fameuse réponse à une question, quel était le prénom de votre grand-père ou la marque de votre première voiture, pourquoi pas le nom de votre premier amant ou de votre première maîtresse (d’école ?). Nous sommes entrés dans l’ère de l’anonymisation ou de la pseudonymisation, ce qui revient à peu près au même, car nous ne saurons bientôt plus qui nous sommes vraiment, un matricule corpusculaire hydrocéphalique, avatar ou alien, la science fiction nous aura rattrapés !

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