concepts et clichés, Troubles obsessionnels de la communication

Comment peut-on ne pas aimer les riches ? Au nom du pèze et du fisc…

François Hollande n’aime pas les riches, il l’a déclaré solennellement pendant la campagne présidentielle. La preuve, il veut les imposer à 75%, rétablir l’ISF et baisser le plafond des tranches imposables. Et eux veulent fuir un pays présidé par quelqu’un qui ne les aime pas. La rupture est consommée. Posture électoraliste ou pas, c’est la première question à se poser, et la poser est déjà y répondre positivement ; la seconde : suis-je riche ou pas ? Parce que si c’est le cas, il vaut mieux le savoir et commencer à emplir mes valises (de billets de banque ?). Il me semble me souvenir que le même FH avait répondu à un journaliste plusieurs années en arrière du temps où il était encore dans l’opposition qu’on était riche à partir de 4.000 euros, tout seul ou à deux ? Flou artistique total. D’où provient ce désamour des riches, dont on peut constater le côté paradoxal ? Un riche qui n’aime pas les riches, c’est déjà étrange et une population entière qui les envie, les méprise tout à la fois et qui rêve de le devenir, encore plus. La Française des jeux pourrait en témoigner avec tout l’argent qu’elle se fait sur le dos des aspirants millionnaires. Tout parent rêve aussi de voir réussir sa progéniture, embrasser une carrière lucrative, ne serait-ce que pour le placer dans une conversation afin de se faire valoir. Les religions seraient-elles un peu pour quelque chose dans cette approche ambivalente de la richesse ? Donc je me suis penchée sur la question, il faut dire que j’avais déjà ma petite idée. D’après l’Évangile selon Mathieu, il sera plus aisé pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’entrer au royaume de Dieu, c’est rédhibitoire. Et encore dans Luc, Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, (la tournure n’est pas très correcte, mais il s’agit d’une traduction de l’araméen, en passant par le grec, ne l’oublions pas), l’Évangile n’est pas un réseau social, surtout ne pas confondre. Dans ces deux cas l’argent n’attire que des ennuis, de faux amis, des parasites pour dire les choses franchement. Le goût de l’argent incite à la corruption, à la spéculation, nous mène à la crise financière, à la jalousie, au meurtre, ça n’a pas de fin, ou plutôt si, l’Enfer. Il vaut mieux être pauvre. Il en va de même dans la littérature du dix-septième siècle, empreinte de morale chrétienne, souvenez-vous de la fable Le Savetier et le financier de notre bon La Fontaine, le Financier a tellement de soucis avec son argent, peur d’être volé, qu’il ne ferme pas l’œil et quand il donne son magot au Savetier, ravi au début de cette aubaine, le pauvre homme à son tout entre dans les tourments. Tout ceci explique que les chrétiens, en particulier catholiques aimeraient bien être riches mais craignent en même temps de le devenir. Et s’ils sont de bons chrétiens, ils restent pauvres ou pour le moins n’entreprennent pas de changer de statut, ce qui entraîne une inertie socio-économique. Le monde occidental est mal parti. Heureusement les protestants ont changé d’approche, chez eux l’enrichissement est légitime s’il contribue au développement de la communauté. Donc ils peuvent créer une entreprise qui rapporte et embaucher des pauvres pour leur donner de quoi vivre. Max Weber l’a démontré dans son livre l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, en 1905. Le protestant est responsable de lui-même devant Dieu, donc il s’investit pour le salut de son âme, dans une dynamique individuelle. C’est pourquoi tous les pays qui ont rompu avec le catholicisme à la Renaissance sont aujourd’hui plus prospères que les autres, en particulier les pays du Nord de l’Europe. Chez les Juifs maintenant, la sainteté est compatible avec la richesse, le travail de l’argent qui rapporte laisse du temps pour étudier la Torah, de plus le devoir du riche est de donner au pauvre. Les Juifs ont été suffisamment caricaturés comme âpres au gain et assoiffés de biens, ce qui n’est évidemment pas la réalité, même s’ils sont inscrits dans une optique de réussite matérielle nécessaire et décomplexée, comme beaucoup de minorités. Voyons enfin ce qu’il en est dans la religion islamique. La richesse est un dépôt auprès de l’individu et une responsabilité, il faut l’acquérir, bien entendu par des moyens licites (halal) et la dépenser judicieusement, car Dieu demandera des comptes. L’islam va jusqu’à exhorter le musulman à s’enrichir pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses proches, mais il condamne les gaspilleurs considérés comme des frères des diables (sic). Je ne me suis attardée que sur les religions européennes, et je pense que les pays du sud, autrement dénommés pays du Club med, devront changer leur philosophie de la richesse  sous peine de disparaître corps et biens, du moins ceux qui leur restent.

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