Communication politique, La surexposition de soi, Troubles obsessionnels de la communication

Twitter, une nouvelle arme politique

Cinq millions de twittos français s’activent sur la toile, le petit oiseau bleu gazouille avec allégresse par dessus nos têtes de geeks et bouleverse le monde politique. C’est lui qui a envoyé au tapis l’ex-futur candidat aux Présidentielles DSK, grâce à un tweet envoyé directement de l’hôtel Sofitel de New-York, par un employé qui avait assisté aux évènements, du moins à une partie… Nous avons encore vu l’oiseau à l’œuvre il y a peu. Un gazouillis s’est fait entendre 5.000 fois plus fort que les autres, et a été à l’origine d’un parasitage géant au beau milieu des élections législatives, grâce auquel Olivier Falorni a obtenu plus de 60% des voix. Valérie Trierweiler aurait pu lui envoyer un texto de soutien ; à ce dernier ensuite de décider ou non d’en dévoiler le contenu à la presse et au monde, la balle étant alors dans son camp. Au lieu de quoi elle a choisi le moyen le plus médiatisé. Était-ce véritablement un choix, en toute connaissance de ce qui allait s’ensuivre, ou tout simplement un acte réflexe accompli sous une impulsion et dans l’instantanéité ? Il s’agit là en effet d’un des dangers de ce moyen de communiquer, qui peut produire un effet de boomerang, car un simple clic envoie le message sans possibilité de repentir. Une fraction de seconde après le clic, le tweet se retrouve déjà en cinquième position ou plus selon l’affluence, et a déjà été lu aussitôt envoyé. Si on souhaite apporter une correction, il faut le supprimer (cependant il reste archivé) et réécrire un nouveau texte. La seule opportunité qui s’offrait donc à l’expéditrice était de mentir et de dire que son compte avait été piraté, mais elle a persisté et signé, courageuse ou téméraire. Quelques jours après, elle a envoyé un nouveau message : « Quelle histoire, mais quelle histoire ! », marquant son (faux ?) étonnement. Puis un autre, indiquant qu’elle remerciait Michelle Obama de lui avoir donné des conseils (comment être une vraie première dame en dix leçons) et elle ajoutait : « avec le temps je pourrais apprendre », avec l’emploi d’un conditionnel qui n’indique pas un engagement total, et qui suggère une réussite tout à fait hypothétique et aléatoire.

Il faut donc prendre de grandes précautions avec Twitter, éviter d’écrire sous l’emprise de l’émotion, et se relire, ne serait-ce que pour éviter les fautes de frappe, avant d’envoyer le texte aux lecteurs. Ce réseau social tentaculaire accueille toutes sortes de publics et permet aux politiques, avec une facilité déconcertante, de faire campagne, en complément des figures imposées, comme la fréquentation des marchés pour serrer le plus de mains (susceptibles de glisser le bon bulletin dans l’urne) possible. Quand, à partir de son compte officiel, François Fillon a recadré Nadine Morano devant ses milliers d’abonnés, c’était volontaire, calculé et maîtrisé. Plusieurs personnalités politiques ont aussi des équipes compétentes, chargées de twitter des messages et de répondre à ceux des centaines et des milliers d’abonnés. François Bayrou précisait quant à lui à ses followers (abonnés) comment distinguer ses tweets personnels de ceux de son équipe de campagne. Les abonnés doivent aussi être vigilants car beaucoup de comptes Twitter sont des comptes parodiques, on trouve ainsi des intitulés comme Ségolène Royal, ou François Hollande à partir desquels sont expédiés des tweets fantaisistes. Par contre, quand il s’agit de Normal 1er, Gauche Falcon, Antigauche, Sarkozyste ou Amisdelapatrie, c’est sans ambiguité. Il faut savoir que Nicolas Sarkozy ne twittait pas, que François Hollande ne le fait pas non plus et que Henri Guaino pense que Twitter rend fou les hommes et les femmes publics, car ça va très vite et très loin, trop loin ? Les rapports de Twitter et de la sphère politique sont à géométrie variable et il vaut mieux apprendre à gazouiller et à se méfier des imitations.

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Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Twitter, une nouvelle arme politique | En transition | Scoop.it - 2 juillet 2012

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