Le pouvoir d'Internet

Internet et la liberté d’expression

Les rapports entre les dictatures et Internet sont conflictuels, et on comprend pourquoi au vu des derniers évènements. La liberté à peu près totale, dont jouissent les Occidentaux, fait peur aux gouvernements qui souhaitent maintenir les peuples sous leur joug. Voltaire écrivait déjà dans le registre ironique sur le sujet dans son pamphlet De L‘Horrible danger de la lecture, et trois siècles plus tard, il est confirmé que le maintien dans l’ignorance est un rempart contre l’effervescence contestataire. Il n’est que d’observer toutes les parades de la censure chinoise, la plus importante au monde, pour mesurer la peur viscérale du gouvernement communiste de toutes les communications avec l’extérieur. La plupart des fournisseurs d’accès qui veulent se maintenir sur le vaste marché chinois sont contraints de se soumettre à des règles draconiennes. L’Assemblée nationale populaire de la RPC a voté la mise en place de systèmes de contrôle exercés par les provinces, les sociétés privées et les associations ; ce dispositif est connu sous le nom de Bouclier d’Or.
A côté des cybernautes, on recense un nombre impressionnant de cyberpoliciers et de cyberdissidents. On assiste à des tentatives permanentes de blocage des sites Web occidentaux, ainsi depuis mars 2010 la version chinoise de Google a fermé ; l’accès à ce site passe par sa version hong-kongaise. 500 mots tabous environ sont interdits sur les moteurs de recherche et toutes les expressions contenant un de ces mots, concernant par exemple le Tibet et l’indépendance des Tibétains, l’action du dalaï-lama, l’indépendance des Ouïghours, la révolution culturelle, la révolte de la place Tian’anmen, l’église catholique romaine clandestine, la pornographie (son éradication programmée sert de prétexte pour interdire de nombreux forums) et tout ce qui ressemble de près ou de loin à une critique de la politique gouvernementale. Les sites chinois de l’étranger sont aussi interdits, Wikipedia en chinois, remplacé par Baidu Baiké, encyclopédie locale soumise au contrôle officiel, Reporters sans frontières et de nombreux blogs. Un site de partage d’images comme Flickr n’est pas censuré, mais l’affichage est partiel, car un des serveurs indispensables pour les lire est bloqué. Heureusement la lenteur bureaucratique, les conflits entre ministères centraux et bureaux locaux permettent à des informations de circuler pendant un temps suffisant avant d’être interdites et l’existence d’un site anonymiseur ouvre l’accès à une majorité de sites bloqués, en les rendant anonymes, c’est-à-dire en supprimant les informations comme l’adresse IP, le système d’exploitation ou le navigateur utilisé. D’autre part les passages censurés sont remplacés par des blancs dont il est assez facile de recréer le contenu. Le défi pour les internautes consiste à contourner les interdits mis en place par les politiques, qui n’auront de toute façon jamais la possibilité matérielle de surveiller tous les forums et les discussions en ligne.

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