La langue française et ses origines, origine des us et coutumes

La langue française des élections

Avant d’aller voter demain dimanche 22 avril, premier tour des élections, approchons-nous un peu plus près de ce vocabulaire que nous utilisons peut-être sans le connaître tout-à-fait. D’où vient le mot électeur ? Évidemment du latin, comme presque tous nos mots relatifs au juridique ou à l’administratif. Le verbe latin eligere, qui signifie choisir a donné en en bas latin le mot elector, qui apparaît en 1361 et désigne les princes et évêques du Saint Empire Romain Germanique dotés du droit d’élire l’Empereur. Face aux électeurs maintenant : les candidats, de candidatus, relevé au XIIIème siècle et issu de l’adjectif candidus, caractérisant tout postulant à des fonctions publiques à Rome et revêtu pour la circonstance d’une toge blanche. Le candidat serait donc l’être clair et pur qui s’exposerait à notre examen critique. Passons aux suffrages, si recherchés des candidats. En 1355, le mot, dérivé du verbe latin frangere, briser, désigne un tesson, avec lequel on déclare sa volonté, son opinion favorable dans un choix, une délibération, ou une désignation spécialement juridique ou politique. Il n’existe donc pas alors de possibilité d’expression défavorable, ce qui fera dire au fabuliste Florian au XVIII ème siècle : « Le suffrage d’un sot fait plus de mal que sa critique. » Le suffrage se décline en droit de suffrage, suffrage restreint ou universel, censitaire, direct ou indirect. Ensuite,Voter vient du verbe anglais to vote en 1704, mais en 1680 déjà, donner son votum revient à exprimer son suffrage dans un chapitre ou assemblée religieuse. Beaucoup plus tard Roger Martin du Gard écrira : « Les socialistes voteront les crédits« . Déjà ! Quant au scrutin, il apparaît d’abord sous le vocable crutine ou vote secret en 1251, et vient du latin scrutinium, action de fouiller, puis dans l’expression par voie de scrutin en 1465. Il désigne donc le vote des électeurs au moyen de bulletins déposés dans un récipient ou urne d’où on les tire pour les compter. On parle d’un scrutin de ballottage, d’arrondissement, de scrutin uninominal, majoritaire, secret ou public, de liste ou proportionnelUrna représente dans l’Antiquité un vase à flancs arrondis où l’on déposait les fameux suffrages, d’où aller aux urnes revient à aller voter. De nos jours l’urne est cadenassée, incassable et même transparente, afin de ne rien cacher aux regards les plus soupçonneux de tout tarabiscotage électoral. Enfin, l’isoloir est tout d’abord apparu comme support isolant en 1789, devenu isoloir en 1914, sorte de cabine où l’électeur se retranche pour préparer dans le recueillement et une ultime réflexion son bulletin de vote ; cette cabine se situe obligatoirement dans le local où se déroule le scrutin, pour garantir la sécurité de l’électeur qui pourrait subir des pressions s’il avait à traverser une cour ou longer un couloir. Comme on le voit voter n’a rien d’anodin, et il vaut mieux maîtriser les mots avant de les utiliser à la légère. J’ajoute pour terminer que la publicité n’a pas perdu de temps pour adopter et détourner la langue électorale, la marque Dacia veut faire voter les clients potentiels pour son monospace Lodgy, qui emportera, elle en est sûre, tous leurs suffrages !

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