La langue française comme révélateur de la société, Les objets communicants, Troubles obsessionnels de la communication

La nomophobie : une maladie de moins en moins rare

La nomophobie nous guette, c’est une nouvelle maladie qui est hélas de moins en moins rare. Nous avons réussi à nous passer de portable pendant plus de 5.000 ans et soudain nous nous sommes créés un besoin tellement fondamental qu’il va nous mener tout droit chez les psys. Ce néologisme nouveau-né vient de l’anglais : no mobile phobia, et a vu le jour à la suite d’un sondage qui a révélé que 70% des Britanniques étaient angoissés à l’idée de perdre leur portable. Quand la même enquête sera diligentée en France, soyons certains que nous ne serons pas en reste. Nous pourrions concéder à tous ces malheureux que leur mobile recèle en effet tous leurs trésors, depuis leurs numéros de comptes bancaires, leurs codes d’entrée dans leur immeuble, les photos de leurs enfants, de leur chien, et leurs e-mails , en somme tout ce qui se trouvait auparavant à l’abri d’un portefeuille ou d’un porte cartes, seulement personne n’a jamais été accro à ces accessoires et c’est là toute la différence. Le téléphone portable a quelque chose de fascinant, il est l’outil communicant par excellence, parce qu’il est un cordon ombilical avec les proches, mais aussi une connexion avec le monde tout entier. Quoi qu’il se passe sur la planète, nous pouvons le savoir et réagir en temps réel. Le seul fait de le voir déclenche instantanément l’envie de communiquer. Il met son propriétaire en attente permanente d’un appel ou d’un message qui lui signifie qu’il est considéré, aimé, et le perdre signifie rater le coup de fil capital ou la nouvelle  qui va changer la vie. Si bien que le commun des mortels marche en regardant l’écran de son smartphone au lieu de repérer les déjections canines, voyage dans les transports en commun sans lever le nez sur ses contemporains, et va aux toilettes dans le train avec la peur de laisser tomber le précieux appareil  dans la tinette. Et, malheur à celui, car en général il s’agit d’un homme, qui se penche pour ramasser sa clé de voiture, car l’objet de ses désirs glisse furtivement de la poche de poitrine de sa chemise vers le sol, divisé en plusieurs morceaux, ou pire encore avalé par le caniveau. Et les passants d’entendre un chapelet de jurons, manifestation de colère et de désespoir. Cet appareil, que nous caressons affectueusement pendant les réunions, consultons sans cesse plutôt que de feuilleter un livre ou un dictionnaire, auquel nous laissons des messages plutôt que de privilégier la communication directe, et que nous croyons posséder, en réalité nous possède jusqu’à nous aliéner.

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