La langue française comme révélateur de la société

Pourquoi Oscar ?

Dans la nuit du 26 au 27 février 2012, la France a basculé dans le délire total avec la multiple nomination aux Oscars d’un film français, the Artist, au titre anglo-saxon, tourné aux Etats-Unis, à Los Angeles, temple du cinéma muet à ses balbutiements, et dont on peut dire que rien n’aura été mis en œuvre dans le but de déplaire aux milieux du cinéma d’Outre Atlantique. Aucun film français n’avait été autant récompensé auparavant, aucun acteur français n’avait jamais décroché The price, de quoi chanter Cocorico pendant une semaine au moins.

Et là, une question me chatouille l’encéphale : ça vient d’où au fait ce nom d’Oscar ? Il faut dire que ça ressemble un peu à un canular. Bien entendu ce n’est pas le véritable nom de ce très bel objet créé en 1929, (tiens, l’année de la grande Crise), par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Son nom est alors Academy Award. Logique. Son créateur, Cédric Gibbons, n’est autre que le directeur artistique de la MGM. Cette statuette dorée représente un corps viril nu, imberbe et superbe, aux lignes fluides, en train de plonger une épée dans une pile de trois bobines de films. La légende la plus crédible veut que la bibliothécaire  de l’Académie du cinéma, Margaret Herrick, aurait vu dans ce bibelot sublime une ressemblance avec son oncle Oscar Pierce, totalement inconnu jusque là en tant que marchand de fruits et légumes à Milwaukee, mais dont le prénom restera à la postérité. Une autre légende attribue la même réaction  que celle de la bibliothécaire à Bette Davis, qui aurait reconnu dans le postérieur de la statuette les formes de son mari Oscar Nelson. Quoi qu’il en soit l’Academy Award avait dès 1931 adopté officieusement ce surnom et officiellement dix ans après sa création.Nous n’avons pas , quant à nous Français, de mythologie à affabuler, nos récompenses cinématographiques, nos Césars, portant prosaïquement le prénom de leur créateur, le sculpteur César Baldaccini, qui avait eu l’idée géniale et économique de copier le travail des compresseurs de ferraille dans les casses automobiles. Ce qui a permis à ce nom impérial  et illustre d’enfreindre les règles grammaticales et de pouvoir être mis au pluriel comme tous les noms communs.

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Découvrez mon dernier livre

Entrer votre adresse e-mail pour suivre ce blog et recevoir une notifcation des nouveaux articles

Mises à jour Twitter

Erreur : Twitter ne répond pas. Veuillez patienter quelques minutes avant d'actualiser cette page.

%d blogueurs aiment cette page :