La surexposition de soi, Troubles obsessionnels de la communication

Le fabuleux destin d’une bûche : le blog

Naissance d’un blog

Plus d’un milliard d’occurrences sur le Web renvoient à ces quatre lettres bien modestes en apparence, c’est dire leur succès planétaire. Pourtant ses origines sont très populaires, log en anglais désigne un rondin de bois que les marins jetaient par-dessus bord à la proue de leur navire, ce qui leur permettait d’en évaluer la vitesse, en calculant le temps mis pour rattraper le morceau de bois et le dépasser. Ce procédé avait ensuite évolué, les logs étant alors attachés par des nœuds à une corde, le bateau filait alors à un nombre de nœuds et on avait donné le nom de logs aux relevés des données elles-mêmes. D’où le glissement de sens vers les journaux de bord des capitaines de navires au long cours, ultérieurement de ceux des pilotes d’avions et aujourd’hui vers tous les événements qu’un système d’information garde et qui peuvent être analysés en cas de problème. Avec l’avènement d’Internet et du Web, les familiers de ces nouvelles technologies ont envie de tenir une sorte de rubrique pour signaler des données intéressantes à leurs lecteurs. À partir de là, il n’y a qu’un pas vers le mot blog, contraction des mots Web et log. En effet, le phénomène est né en Amérique du Nord, il est logique qu’il porte un nom anglo-saxon. Mais cela ne fait pas l’affaire des partisans des défenseurs de la francophonie. Les Québécois ont donc francisé le mot en blogue, ce qui a permis une dérivation riche avec des mots comme bloguer, blogueur, blogosphère, etc. Les Français quant à eux ont officialisé le nom composé bloc-notes, qui entre en concurrence avec le notebook et qui freine toute dérivation lexicale.

Ainsi, à la fin des années 1990, le blog a vu le jour au Canada pour signaler des pages dignes d’intérêt sur le Web. On remarque au passage que tout ce qui a été inventé en liaison avec l’informatique a été lié à la diffusion des connaissances, dans les milieux universitaires scientifiques, par conséquent dans un but essentiellement culturel. Les pratiques et les objectifs ont beaucoup évolué depuis, nous en reparlerons. Le premier système, Blogger, créé en 1999, a été racheté depuis par Google. Et, on doit attendre 2002 pour voir la naissance de Skyblog en France, qui rencontre tout de suite un grand succès auprès des adolescents qui aiment publier des photos sur leurs pages personnelles. Plus de trente millions d’entre eux tiennent aujourd’hui des blogs qui leur donnent l’occasion de se défouler, d’insulter leurs professeurs par exemple, de publier des vidéos, des textes, et des applets [1].

Un blog peut-être créé par le blogueur lui-même, soit en étant hébergé, par exemple sur YouTube, gratuitement ou non, ou élaboré grâce à un logiciel de publication. Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances techniques pointues, plusieurs plates-formes d’édition spécialisées comme Overblog, Blogger ou Skyrockblog sont là pour résoudre les problèmes. Le blogueur est simplement responsable devant la loi de tout ce qui est exposé sur son site, et doit supprimer tout ce qui risquerait de porter atteinte aux personnes, les propos racistes ou xénophobes en particulier, exactement comme sur les forums. L’auteur peut effectuer des mises à jour, des retouches sur ses propos personnels en cas de repentirs. Il peut également personnaliser la présentation de son blog en usant de thèmes, d’habillages, de templates ou de skins, c’est-à-dire de kits graphiques proposant bannières, logos et mises en pages. De même encore que sur les forums, il est en butte aux malfaisants du Net, comme les trolls, ou ceux qui pratiquent le blogosquat, c’est-à-dire le bavardage qui s’entretient tout seul, sans lien direct avec le sujet traité. Globalement, toutes ces nuisances sont désignées par le vocable pollupostage.

La page d’accueil présente la liste des billets, ou notes, articles, commentaires portés sur un sujet, les plus récents placés en première position. Chaque billet s’accompagne d’un permalien, c’est-à-dire d’un lien permanent conçu pour référer un élément d’information ou une entrée de blog. Par ailleurs, quand un blogueur écrit un billet et qu’un internaute désire réagir sur son propre site, la publication de la réponse envoie un signal ou pingback sur le blog de l’auteur du billet, ce qui déclenche l’affichage d’un rétrolien avertissant qu’une réponse a été rédigée ailleurs, dont il est possible de lire un extrait, avant d’aller lire la suite si on le souhaite. Les hyperliens, quant à eux, offrent la possibilité d’aller d’un document consulté à un document lié, comme dans tout texte mis en ligne. Pour finir, un agrégateur permet au lecteur intermittent de disposer d’une synthèse des derniers billets afin de se tenir à jour régulièrement.


[1] Programme qui permet d’animer des pages Web et de leur donner un aspect dynamique.

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